La militante marocaine Saida El Alami condamnée à trois ans de prison en appel

Sur son compte Facebook, Saida El Alami, la militante marocaine, a publié de nombreux messages à la dénonciation des condamnations des journalistes Taoufik Bouachrine, Omar Radi et Soulaimane Raissouni, qui ont été condamnés respectivement dans des affaires distinctes à 15, 6 et 5 ans d’emprisonnement pour des infractions sexuelles et d’autres chefs d’accusation. Elle a également adressé des critiques sévères aux autorités marocaines, et décrit l’appareil judiciaire marocain comme « corrompu ».

Saida, femme de 48 ans avait été condamnée en première instance à 2 ans de prison ferme et une amende de 5 000 dirhams (environ 470 euros). Elle était poursuivie pour « outrage envers un corps constitué », « outrage envers des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions », « atteinte à la justice » et « diffusion de fausses allégations ».

L’une de ses avocates, Me Souad Brahma, fait part de sa déception et de sa colère : « Vraiment, nous étions très déçus d’avoir reçu le verdict. On a augmenté le verdict sur Saïda El Alami de deux ans ferme à trois ans ferme de prison. On attendait que le tribunal de deuxième instance corrige ce qu’on a pris comme fautes sur le verdict de première instance. Surtout, on a présenté tous les arguments qui montrent que Saïda est vraiment innocente des crimes dont on l’accuse. »

« Une atteinte à la liberté d’expression » pour son avocate

Me Souad Brahma dénonce une atteinte à la liberté d’expression de Saïda El Alami : « C’est très inquiétant, c’est très inquiétant. Surtout que, dernièrement, on a accusé plusieurs jeunes Marocains des mêmes crimes, surtout ceux qui écrivent ou bien qui critiquent sur leur compte Facebook. C’est une grande atteinte à la liberté d’expression. »

Saïda El Alami est aussi membre du collectif « Femmes marocaines contre la détention politique » et avait affiché à plusieurs reprises son soutien à des journalistes ou activistes marocains condamnés. Elle est en détention depuis le 23 mars. Sa défense prévoit désormais de saisir la cour de cassation.